Visites de l'exposition

À l'occasion du 80e anniversaire de la fin de la guerre d'Espagne, l’exposition ¡Libertad!, sous la direction scientifique de Francine Agard-Lavallé et Bernard Lavallé, rappelle combien la Gironde a été une des bases arrières de la guerre civile, qu'il s'agisse de l'accueil de plus de 100 000 réfugiés durant cette période ou encore combien les ports de Gironde étaient une plaque tournante de l'armement des républicains. À travers une documentation pour beaucoup inédite, c'est un épisode méconnu de l'histoire de femmes, d’hommes et d’enfants, une histoire de migrations, une histoire d’engagement, une histoire de solidarité.

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De 1936 à 1939, la guerre civile espagnole frappe aux portes de l’Aquitaine, une région dont les territoires occupent depuis plusieurs siècles une position centrale dans les relations franco-espagnoles. À l’aube des années 1930, la communauté espagnole girondine est donc implantée de longue date, numériquement importante, et en constante progression, surtout depuis le début du XXe siècle. Les éléments présents dès l’introduction de l’exposition permettent de mieux saisir ce phénomène.

Le déclenchement du conflit en juillet 1936, suivi immédiatement de la bataille d’Irun en août et septembre confronte la région directement aux réalités géopolitiques, humaines et sanitaires, du maintien d’un cordon terrestre pour les provinces républicaines du nord à l’accueil d’un premier exode de quelques 15 000 réfugiés, civils pour la plupart. Un scénario qui se reproduit à plusieurs reprises, allant crescendo, jusqu’à la défaite finale des républicains. Et une situation qui jette sur les routes, terrestres et maritimes, dix fois plus de civils déracinés et de soldats défaits.

La Gironde constitue une zone emblématique dans l’organisation des secours, à la croisée des chemins de l’exode : des centres d’hébergement sont créés pour accueillir les femmes et les enfants, à l’initiative d’élus, de responsables administratifs particulièrement mobilisés et de civils anonymes qui ne le sont pas moins. Puis, d’une guerre à l’autre, les réfugiés qui n’ont pas été rapatriés bon gré mal gré vers une Espagne devenue franquiste, ou ne sont pas repartis vers un exil plus lointain (Amérique latine, URSS) sont chassés des centres d’hébergement par d’autres réfugiés, ceux de la débâcle venue du nord de la France, poussés par la guerre éclair de l’armée nazie.

La Gironde est enfin le lieu de l’approvisionnement, clandestin ou non, en aide à la République espagnole. Près de 200 Girondins se sont en effet engagés en tant que volontaires aux côtés de l’Espagne républicaine ou dans les Brigades internationales ; les archives russes présentes dans l’exposition montrent la réalité crue de cet engagement. Nombre d’entre eux y moururent, la plupart de ceux qui en revinrent, devinrent résistants tels Roger Allo ou Charles Nancel Pénard (fusillés à Souge en 1941). Durant ces trois années, la Gironde est la plaque tournante du trafic d’armes venues d’Union soviétique, malgré la neutralité officielle du gouvernement français.

C’est de l’histoire de ces femmes, de ces hommes et de ces enfants dont il est question, émigrés, combattants, réfugiés, puis exilés ; entre la mère patrie et la terre d’accueil privilégiée que constitue le département de la Gironde, à travers des documents d’archives provenant essentiellement des fonds conservés aux Archives départementales, mais également aux Archives Bordeaux Métropole, aux Archives communales de Talence, dans les services du Grand Port Maritime de Bordeaux, à la Bourse du travail, ainsi que par des particuliers qui ont bien voulu prêter quelques-uns de leurs souvenirs. Quelques documents proviennent également d’Angleterre, de Russie et bien sûr d’Espagne.

Le tout est orchestré par l’agence Rebus (Fred Augry et Geoffroy Simon), qui propose une scénographie immersive à la fois respectueuse des originaux d’archives, et du contenu scientifique conçu par Francine Agard-Lavallé et Bernard Lavallé, en lien avec les équipes des Archives départementales.

L’exposition accueille également en son sein, une série d’œuvres du plasticien Pascal Convert et de certaines pièces de son travail consacrées à la figure de Joseph Epstein, militant communiste polonais, qui arrive à Bordeaux dans les années 1930.

 



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