Cet été, faites le plein de culture aux Archives et visitez l'exposition Filmer les procès, un enjeu social ! Et découvrez déjà le teaser de l'exposition !

 

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À noter : les Archives départementales de la Gironde seront fermées au public les 14 et 15 juillet prochains.

* Table ronde - La sérialité envahit les écrans; des films à épisodes et des cinéromans des années 1910 aux séries TV actuelles

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Affiche Les Mystères de New York.

Si la prospérité des plates-formes de streaming pousse aujourd’hui certains auteurs à imaginer des romans qui seraient faciles à adapter en séries, peut-être ne savent-ils pas que ce genre d’idée a commencé à faire son chemin il y a plus d’un siècle.

Au cours des années 1910, apparaissent les films à épisodes. En adaptant des romans populaires, tel Fantômas (1913) de Pierre Souvestre et Marcel Allain, le cinéma élargit et fidélise son public. À partir de décembre 1915, le serial américain Les Mystères de New York ouvre une voie nouvelle : celle des « romans-cinéma ». Le journal Le Matin publie jour après jour le récit des aventures de la jeune Pearl White, dont les spectateurs peuvent découvrir un épisode en fin de semaine sur les écrans. Le succès du serial est retentissant et son héroïne, sportive et intrépide, devient le symbole d’une féminité moderne.

Dans le contexte très difficile créé par la guerre, la maison Gaumont et son principal metteur en scène Louis Feuillade s’efforcent de profiter de cette vogue venue des États-Unis. En 1916, ils mettent en chantier Judex, film en douze épisodes. Durant le tournage, l’écrivain Arthur Bernède en livre une adaptation romanesque, publiée en janvier 1917 dans Le Petit Parisien, le quotidien le plus lu du pays. Le succès conduit Feuillade et Bernède à imaginer une suite, Les Nouvelles Aventures de Judex. Sur le marché de la presse populaire, où le roman-feuilleton peut représenter un puissant produit d’appel, le « roman-cinéma » a pour lui l’attrait de la nouveauté et redouble l’effet d’attente qui fidélise le lecteur : à l’impatience de lire l’épisode du lendemain s’ajoute celle de voir les personnages en chair et en os sur l’écran en fin de semaine. Pour l’industrie cinématographique, c’est un moyen d’attirer vers les salles de nouveaux spectateurs assidus.

Sous la modération de Béatrice de Pastre, directrice-adjointe du patrimoine cinématographique et directrice des collections du Centre national du cinéma (CNC), retrouvez Laurent Véray, professeur à l’université Sorbonne Nouvelle et commissaire scientifique de l'exposition, Alain Carou, historien, Anne Landois, scénariste, Marjolaine Boutet, maîtresse de conférences à l’université Jules-Verne d’Amiens pour la table ronde La sérialité envahit les écrans.