Cet été, faites le plein de culture aux Archives et visitez l'exposition Filmer les procès, un enjeu social ! Et découvrez déjà le teaser de l'exposition !

 

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À noter : les Archives départementales de la Gironde seront fermées au public les 14 et 15 juillet prochains.

* Conférence de Béatrice de Pastre - Mistinguett : un corps de cinéma

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Mistinguett dans À bas les hommes, affiche du film par Adrien Barrère, 1912.

Lorsque Mistinguett entre en cinéma en 1908, elle a déjà fréquenté de nombreuses salles de music-hall à Paris mais aussi en France ou en Angleterre. Elle a une solide réputation de danseuse « épileptique » qui l’oblige à assurer des numéros frénétiques où son corps athlétique est intensément sollicité. C’est avec la même énergie qu’elle s’empare des rôles que lui offre le cinéma : descendant le long d’une façade, sautant d’un pont ou d’une voiture ou devenant un poulbot vendeur de journaux alors qu’elle a plus de 40 ans ! Mais c’est aussi son corps d’artiste qu’elle met en scène multipliant les mises en abîme de son statut de vedette des plus belles salles de spectacle. Une bête de scène crève l’écran !

Mistinguett est née en 1875, dans la grande banlieue nord de Paris, à Enghien-les-Bains. Elle est née Jeanne Bourgeois, dans une famille d’ouvriers : son père est journalier et sa mère coutière, ils n’appartiennent pas au monde du spectacle et sont très éloignés des milieux artistiques et cultivés d’où sont souvent issus les « pionniers » de l’écran. Indisciplinée, turbulente, la petite Jeanne est assez rapidement fascinée par l’animation qui se fait autour du casino de sa ville natale. Elle y découvre le spectacle, les costumes rutilants, la musique entraînante…

En 1897, elle entre à l’Eldorado où elle gravit tous les échelons. Elle y apprend à perfectionner ses tours de danseuse et à multiplier ses registres. Ce sont d’abord ses numéros de danseuse épileptique où son énergie et sa fantaisie font merveille qui permettent au public de la remarquer d’entre ses concurrentes. Le succès de la « valse chaloupée » en juin 1908 la consacre définitivement comme une des reines de la scène parisienne. Ce numéro lui permet également de faire ses débuts au cinéma, au mois de juillet de la même année. Dès lors, il n’est pas question de choisir entre l’une ou l’autre carrière pour Mistinguett mais de mener de front les deux : la scène et l’écran...

 

Béatrice de Pastre est directrice-adjointe du patrimoine cinématographique et directrice des collections du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).