Accès à la salle de lecture avec ou sans réservation dans le respect des gestes barrières. Consulter la rubrique pratique.

Notez bien : les Archives départementales de la Gironde seront fermées au public les 26 mai, 27 mai et 6 juin prochains.

Rosa Bonheur

mise à l'honneur pour la journée des femmes

Le 25/05/2022 Agenda

Rosa Bonheur dans son atelier.<p>AD Gironde, 4 Fi 1806.

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, les Archives départementales de la Gironde vous proposent un focus sur une artiste peintre et sculptrice animalière renommée, Rosa Bonheur, qui fut également une femme libre.

Marie Rosalie dite Rosa Bonheur, est née le 16 mars 1822 au 29 rue Saint-Jean-Saint-Seurin à Bordeaux, et décédée le 25 mai 1899 au château de By à Thomery en Seine-et-Marne. Elle passe une partie de son enfance au château Grimont à Quinsac, appartenant à son grand-père naturel, Jean-Baptiste Dublin de Lahet, où naît sa passion pour les animaux. Elle fréquente dès le plus jeune âge le milieu artistique par son père, Raymond Bonheur, professeur de dessin et révèle très vite des aptitudes remarquables.

Sa famille quitte la Gironde pour Paris en 1828.

Tout d’abord élève de son père, elle choisit par la suite de se consacrer à la peinture et à la sculpture en dépit de la marginalisation qui marque les femmes artistes au nom de préjugés misogynes : « Aux hommes la création, aux femmes la procréation ». Elles sont cantonnées aux portraits, natures mortes ou paysages car les nus leur sont interdits et les grandes scènes historiques réservées aux hommes. Bien que thème considéré comme viril, Rosa choisit néanmoins les sujets animaliers et ouvre une voie inédite aux femmes.

À partir de 1841, elle expose régulièrement dans les salons, remporte des médailles et son talent reconnu l’exempte du jury d’admission.

Rosa Bonheur est une des premières adhérentes à la SPA (Société Protectrice des Animaux) et sa sensibilité à la cause animale se ressent dans sa peinture. Les animaux sont habités et leur âme transparaît dans les attitudes et le regard.

Outre ses choix professionnels hors du commun, elle mène une vie libre refusant de se marier pour ne pas aliéner sa liberté et sacrifier sa carrière artistique. Elle porte les cheveux courts (75 ans avant la mode de la garçonne), fume des cigarettes et des Havanes et monte à cheval comme un homme.

Elle est la première femme directrice de l’École Impériale gratuite de dessin pour demoiselles de 1849 à 1860. Son talent et sa notoriété lui valent d’être récompensée des mains de l’Impératrice Eugénie par deux distinctions : chevalier de la légion d’honneur en 1865, puis elle est la première femme élevée au grade d’officier en 1894.

A contre-courant des interdits de son époque, sa vie discrète n’a jamais fait scandale. Célèbre de son vivant en France, en Grande-Bretagne et en Amérique où elle était même considérée comme « la plus grande peintre animalière du monde », elle a donné un exemple éclatant d’émancipation des femmes sans pourtant être revendicatrice.

Parmi nos fonds, nous conservons, outre son acte de naissance (cote 4 E 999), des lettres autographes datées de 1860 (cote 1 J 377), 1862 et 1896 (4 J 190), dans lesquelles elle répond à des demandes. Des croquis de moutons, non datés, sont conservés sous la cote 3 Fi 48. Enfin, deux cartes postales, cotées 4 Fi 1806 et 1807, représentent Rosa Bonheur dans son atelier (sans date) et trois portraits de chiens réalisés en 1869.