





|

| Expositions virtuelles / La Guyenne cartographiée |
| |
La Guyenne cartographiée
La carte de Belleyme avatar de la carte de Cassini
15 août 1756, mise en vente de la première feuille de la Carte de Cassini | 
Portrait de César-François Cassini de Thury (1714-1784)
Archives départementales de la Gironde, BIB PF 2907
| En 1747, Louis XV confie à César-François Cassini de Thury (1714-1784) le levé d’une nouvelle carte du royaume qui deviendra La Carte générale et particulière de la France, première carte de base de la France, dont la première feuille (Paris) est mise en vente le 15 août 1756. Avis de par le Roy et Monseigneur l’Intendant …aux maires, jurats, consuls, sindics et collecteurs…de donner tous les secours et enseignements aux Sieurs Beaucamps et Seguin chargés des levés de la Carte générale de la France, 1746 Archives départementales de la Gironde, C 2411
Au cours de l’été 1756, Cassini présente la feuille de Beauvais (2e feuille) à Louis XV. Le roi en admire la précision, mais annonce au savant que le Trésor royal ne peut plus aider l’entreprise.
Projet de souscription pour la Carte générale de la France, 1758. Archives départementales de la Gironde, C 2411
| | |  Le soutien financier, indispensable à la continuation de l’œuvre de Cassini est apporté par une association de cinquante membres, parmi lesquels figurent le roi, la reine et les Cassini. Cette association couvre 20 % des dépenses. Ventes de feuilles, souscriptions, participation des généralités et contrats avec les Etats provinciaux permettent à Cassini de garder l’équilibre des comptes. Les contributions des provinces aux dépenses (38 %), donnent lieu, parallèlement à la publication des feuilles de la Carte générale, à la publication de cartes spéciales pour le Languedoc, la Bourgogne, la Bresse et la Provence.
Arrêt du Conseil d’Etat du Roi relatif à la Carte générale de la France, 1756 Archives départementales de la Gironde, C 2411
|
La Carte de Cassini est levée et gravée à moyenne échelle, au 1/86 4001e (une ligne pour 100 toises).
Légendes et abréviations de la Carte de Cassini Archives départementales de la Gironde, BIB MF 877
| Cassini veut réaliser un document de validité permanente dont les points forts sont les positions des objets, principalement les clochers des villages. Pour chacune des 175 feuilles, trois cents de ces positions sont déterminées par l’enchaînement des triangles, eux-mêmes rattachés à la triangulation générale du royaume achevée par l’Académie des sciences en 1744. 
Brouillon donnant l’« Emplacement des troupes dans la généralité de Bordeaux, 1756 » Archives départementales de la Gironde, C 2411
Brouillon donnant la position des bourgs, villes et villages et le tracé des rivières, 1756 Archives départementales de la Gironde, C 2411 | En 1793, la Convention vote le transfert des 165 feuilles achevées au Dépôt de la Guerre. Elles deviennent l’instrument nécessaire au découpage de la France en départements.  La carte entreprise par César-François Cassini de Thury est achevée en 1815 par son fils Dominique Cassini (1748-1845).
Planche 103 de la Carte générale de la France dite Carte de Cassini : Blaye (levés 1767-1775, gravure 1783) Archives départementales de la Gironde, série Fi non coté |
La Carte de la Guyenne dite Carte de Belleyme
L’élaboration de la Carte de la Guyenne s’inscrit dans le cadre de la contribution des généralités à la Carte de la France. Sur les 54 planches qu’elle devait initialement compter, seules 48 ont été achevées.
Détail de la Carte de la généralité d’Aquitaine dédiée à Monsieur de Néville intendant de la province par son très humble et très obéissant serviteur de Belleyme, ingénieur géographe du Roi, 1786 Archives départementales de la Gironde, 2 Fi 2981
|  En 1761, un arrêt du Conseil du Roi ordonne le levé de la Carte de la Guyenne, aux frais de la province « sur le produit de 2 sols pour livre qui se perçoivent au port de Bordeaux, il sera payé 1 200 livres pour chaque carte particulière d’un des cantons de la généralité ».
La responsabilité administrative de la Carte de la Guyenne est assumée par l’intendant et l’entreprise cartographique confiée à Pierre de Belleyme (1747-1819), ancien officier du Génie, qui laissera son nom à la carte.
Tableau d’assemblage de la Carte de la Guyenne
| Les levés, effectués de 1761 à 1774, au 1/43 200 e, à une échelle double de celle de la Carte de Cassini, permettent de soigner la partie topographique du travail : la légende différencie les routes et les chemins ; elle distingue les forêts et les bois, les châtaigniers, les  « pinadas », les landes, les marais et les dunes de sable. Le réseau hydrographique est soigneusement étudié. Les limites des paroisses, des pays, des élections et de la généralité y sont indiquées. Toutefois, comme les travaux de gravure sont très longs, les limites des départements y sont rajoutées après 1791. Détail de la Carte de la généralité d’Aquitaine dédiée à Monsieur de Néville intendant de la province par son très humble et très obéissant serviteur de Belleyme, ingénieur géographe du Roi, 1786 Archives départementales de la Gironde, 2 Fi 2981 | Détai de la carte de la Guyenne, dite carte de Belleyme, feuille 20, gravée entre 1785 et 1789 Archives départementales de la Gironde, 2 Fi 1492 | |
| | | Modèles des hauteurs et formes de caractères pour la Carte de Belleyme, s. d. Archives départementales de la Gironde, C 2413 | La gravure
 Une fois les levés vérifiés et corrigés, les dessins sont préparés pour la gravure. C’est Joseph-Dominique Seguin qui assure la gravure au début de l’entreprise. D’autres lui succèdent, choisis pour la délicatesse de leur travail : ainsi un graveur de paysage se voit-il confier la gravure du bassin d’Arcachon. Les opérations avancent lentement : les quatre premières feuilles ne sortent des presses qu’en 1785. Ce long travail, interrompu par la Révolution, repris sous l’Empire en 1804, puis suspendu à nouveau jusqu’en 1828, se continuera jusqu’en 1840.
Marché pour l’exécution des gravures de la carte particulière de la province de la Guienne passé entre l’intendant Charles Robert Boutin et Dominique Seguin, géographe du roi, 2 juin 1756 Archives départementales de la Gironde, C 2413
|
Détail de la Carte de la Guyenne , dite Carte de Belleyme, feuille 20, 1er tirage avant la lettre, ca. 1769
Les « lettres » ou abréviations désignent par leurs initiales latines ou vernacules les données géographiques : R pour rivière ; F. pour fleuve ; chin pour chemin ; AB pour abbaye ;… Archives départementales de la Gironde, 2 Fi 1405
| Les différentes étapes de l’élaboration de la Carte de la Guyenne
Les levés et les vérifications
 En Guyenne, les documents qui servent de base aux ingénieurs sont le canevas géométrique de la France et la carte du Médoc en 1/28 800 e, levée par Claude Masse au début du XVIII e siècle.
Pour les levés, les ingénieurs utilisent un graphomètre à lunette auquel s’ajoutent la planchette circulaire et une chaîne d’arpenteur.
Graphomètre à lunettes, caractérisé par une limbe unique de 180° utilisable en plan horizontal, vertical ou oblique, utilisé pour les mesures angulaires
| Sur le terrain, conformément aux commissions dont sont munis les ingénieurs, des indicateurs, fournis gratuitement, sont chargés de leur préciser les limites des paroisses, de les accompagner dans tous les lieux remarquables et de les leur nommer. L'arrivée des ingénieurs est annoncée en chaire par le curé de la paroisse.
Les ingénieurs doivent également réunir des informations sur la géologie et l’utilisation des sols.
| Levé d’une carte au graphomètre gravures illustrant l’ouvrage de Ph. Danfrie, Déclaration de l’usage du graphomètre, Paris, 1597 | Une fois les levés effectués, minutes et calculs qui en forment la base sont adressés aux ingénieurs responsables des vérifications, par l’intendant chargé du bon déroulement des opérations.
Observations de l’intendant de Guyenne sur la planche de Certes, 1781 Archives départementales de la Gironde, C 2413
|
Ce dernier transmet ensuite, aux ingénieurs en charge des levés, les observations des vérificateurs, lesquelles peuvent porter sur la qualité du dessin, le rendu des végétaux ou sur une écriture négligée.
Ces vérifications se poursuivront longtemps après la clôture des campagnes de levés, jusqu’à la Révolution.
Lettres de l'intendant de Guyenne à M. .Daillé, ingénieur géographe, chargé des vérifications, 30 octobre 1778. Archives départementales de la Gironde, C 242
Calque de vérification de la feuille 20 de la Carte de Belleyme, 1778-1779 Archives départementales de la Gironde, 1 Fi 250 |
Pierre de Belleyme (1747-1819)
Né le 14 mars 1747, à Beauregard, paroisse de l’élection et diocèse de Périgueux, fils de Pierre, maître chirurgien, et de Françoise Crevet.
Officier du génie, il est chargé, le 6 novembre 1766, « en qualité de sous-ingénieur géographe de Sa Majesté, de la levée, vérification, correction et direction des travaux relatifs à l’exécution de la Carte topographique de Guyenne ».
Sur le terrain, de 1766 à 1774, il contribue aux levés : - de la feuille n° 3 du n° 103 de la Carte générale de France dite Carte de Cassini, incluant la ville de Blaye avec le fort Paté et le fort Médoc, en 1767. - du quart Est du Périgord, n° 1 de la feuille 35 (feuille 23 de la Carte de Guyenne), contenant les villes de Montignac-le-Comte et Sarlat, en 1768. - de la feuille n° 4 du 35 (feuille 31 de la Carte de Guyenne), en 1770. - du quart Nord-Ouest, feuille n° 1 du 37 (feuille 39 de la Carte de Guyenne), en 1771. Il établit les calculs du quart Sud-Est de la feuille 73 (feuille 54 de la Carte de Guyenne).
A partir de 1775, il assume, depuis Paris, la direction technique de la Carte de Guyenne qui portera par la suite son nom. En lien avec l’intendant de Guyenne, il suit et contrôle les travaux des ingénieurs géographes, examine et corrige les vérifications avant de préparer les opérations nécessaires pour la gravure. A compter de 1780, la gravure des planches l’occupe de plus en plus : il traite avec les graveurs, surveille et corrige leur travail, règle les dépenses.
En 1791, il présente la Nouvelle Carte générale de la France, divisée en 85 départements, subdivisés en districts, avec tous les chefs-lieux de cantons, au roi Louis XVI et à l’Assemblée nationale. La même année, il édite les premières cartes départementales de l’ancienne Aquitaine.
Le 14 septembre 1793, les cuivres, dessins originaux et autres matériaux ayant servi à l’élaboration de la Carte de la Guyenne sont saisis par les commissaires de la Convention et déclarés « propriété nationale ». A leur demande, Belleyme rédige, en double exemplaire, un « Etat des planches de cuivre de la carte topographique de l’ancienne généralité de Guyenne » et remet au comité d’Instruction publique de la Convention une collection complète des feuilles tirées.
Le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), la Convention lui rend hommage par décret : « La Convention nationale […] décrète qu’il sera fait mention honorable au procès-verbal du travail du citoyen Belleyme, ingénieur géographe, employé par le comité de Division à la confection du tableau de population des départements.. » et le nomme chef du dépôt de topographie aux Archives de la République, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 1819. |  Dailley (ou Daillé) : travaille 32 ans à la carte de France dont plus de 27 ans en Guyenne, l’exactitude et le soin portés à ses travaux lui valent de se voir confier par Belleyme et l’intendant de Guyenne les corrections et les « finissements » des dessins originaux.
Il a formé un adjoint le sieur Lagnier qui termine la planche 106, en 1783, et vérifie ensuite les feuilles 39, 41 et 42. Courrier de Daillé adressé à l’intendant de la Guyenne Le Camus de Néville, où il réclame l’arriéré de ses appointements « après 32 ans de travail pour la Carte de France », 1789 Archives départementales de la Gironde, C 2413
| Michaud (Jean-Antoine, dit l’aîné) : employé à la Carte de la Généralité de 1761 à sa mort survenue en 1770, pendant qu’il lève la feuille de Villeneuve. Il fonde une école d’arpentage où il forme, en trois mois, pour l’assister dans ses travaux, 25 arpenteurs et 25 géomètres. 
Michaud (jeune, frère du précédent) : assiste son frère de 1764 à 1769.
Cachet de l’ingénieur géographe Jean-Antoine Michaud, 1763 Archives départementales de la Gironde, C 2412
|
Carot de Bodegat : reçoit sa commission d’ingénieur géographe en 1783. Son travail jugé défectueux conduit l’intendant à lui demander le renvoi de sa commission et des calculs qu’il lui avaient prêtés pour effectuer les levés.
Commissionnement d’ingénieur géographe du sieur Carot de Bodegat par l’intendant de Guyenne Nicolas Dupré de Saint-Maur, 1783 Archives départementales de la Gironde, C 2413
| De Pasquier : embauché en 1756 dans l’équipe de la Carte de France de Cassini pour « dessiner les détails des provinces de Guyenne et de Périgord », il travaille en Périgord et dans le Médoc.
Fontaine : resté 40 ans au service du roi comme géographe après avoir débuté dans les équipes de Cassini à Amiens en 1751, affecté en Guyenne de 1756 à 1758, puis de nouveau à partir de 1760, il poursuit jusqu’en 1789 le levé et la vérification de nombreuses planches, avec l’aide de son fils dans les dernières années. 
Mesny (Nicolas) : ingénieur de Cassini, affecté au levé des Landes, il rédige un mémoire sur les paroisses de ce territoire.
Mémoire de Nicolas Mesny sur les paroisses des Landes, ca. 1765 Archives départementales de la Gironde, C 2413 Sylvie Strappini et Christian Dubos | Retour Haut de page
|
|
|
|
|
|