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Pendant la tourmente révolutionnaire les biens du clergé et ceux des émigrés qui constituent les biens nationaux sont plus ou moins laissés à l’abandon. Ils connaissent des fortunes diverses. Certains sont livrés à la vindicte populaire et l’émotion que suscitent ces destructions sauvages donne naissance à la notion de “vandalisme” inventée par l’abbé Grégoire. D’autres disparaissent ou connaissent des déprédations du fait de leur changement de destination, d’autres encore se trouvent peu à peu mis en pièces par leurs riverains à la recherche de matériaux de construction. Ruines de La Sauve, dessin à la sépia de A.Gorse donné par Pierre Lacour  à la commission en 1837 A.D. 33, 162 T 3 A.D. 33,, 162 T 3


Ruines de La Sauve, dessin à la sépia de A.Gorse
donné par Pierre Lacour à la commission en 1837
A.D. 33, 162 T 3
vue 1,
vue 2, vue 3,

L’ancienne abbaye bénédictine, après avoir servi de maison d’arrêt à la Révolution, a été affermée sous le Directoire. Pendant les premiers mois du Consulat se produit l’irrémédiable : des “dalles” sont arrachées de la toiture, la charpente s’écroule en plusieurs endroits.

 

Lettre du receveur de l’enregistrement de Créon accusant les fermiers adjudicataires de saccager l’abbatiale de La Sauve-Majeure, 1er fructidor an VIII(19 août 1800).A.D. 33, 1 Q 1736



Dès 1792 cependant, l’Assemblée législative prend des mesures de conservation provisoire. En 1795, suite au deuxième discours de l’abbé Grégoire sur le vandalisme, la Convention nationale second rapport sur le vandalisme de l’abbé Grégoire, séance du 8 brumaire, l’an III. A.D. 33, T 8
Voir la convention nationale
prend un décret qui engage la responsabilité des administrateurs de district quand aux destructions et aux dégradations commises dans leurs arrondissements.

Lettre du receveur de l’enregistrement de Créon
accusant les fermiers de La Sauve de saccager l’abbatiale,
de La Sauve-Majeure, 1er fructidor an VIII (19 août 1800)
A.D.33, 1 Q 1736

La même année, les bâtiments civils nationalisés sont affectés à un service de l’Etat créé à cet effet : le conseil général des Bâtiments civils.
Celui-ci poursuit l’inventaire qui avait été commencé par la Surintendance des Bâtiments du roi sous Louis XVI.

Sous le Premier Empire, le recensement des monuments historiques se poursuit et s’élargit.
En 1810 le ministre de l’Intérieur demande aux préfets de dresser la liste des monuments de leur département. En Gironde, c’est au baron de Cayla (1744-1831), conseiller général de la Gironde, archéologue, naturaliste, que s’adresse le Préfet pour réaliser cet inventaire. Celui-ci Lettre du baron de Cayla (1744-1832, conseiller général de la Gironde, archéologue, naturaliste) en réponse à la circulaire ministérielle de 1810 demandant aux préfets de dresser la liste des monuments de leur département  1817. A.D. 33, 155 T 1invite l’administration à se tourner vers l’Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux auprès de laquelle tous ses travaux ont été déposés.      

 

 

 

Lettre du baron de Cayla (1744-1832, conseiller général
de la Gironde, archéologue, naturaliste) en réponse à la circulaire
ministérielle de 1810 demandant aux préfets de dresser la liste
des monuments de leur département 1817.
A.D. 33, 155 T 1

 

Sous la Restauration pour la première fois, le ministère de l’Intérieur dispose d’une ligne budgétaire pour les monuments historiques.
En 1819, suite à une nouvelle circulaire ministérielle relative à la recherche des antiquités de France, le préfet de Gironde se rapproche de l’Académie royale de Bordeaux. Sur les conseils de celle-ci il nomme une première commission des Monuments historiques composée de Jouannet (archéologue), Bonfin (architecte) et Lacour (artiste peintre).

Ce premier embryon d’organisation départementale a laissé peu de traces de son activité. Cependant ses membres ont publié les fruits de leurs nombreuses recherches dans les actes de l’Académie royale des belles-lettres, sciences et arts de Bordeaux à laquelle ils participent activement.

 

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