lien vers le  site http://archives.gironde.fr lien vers le site www.gironde.fr

Le classement des monuments historiques est à l’origine une classification budgétaire et administrative. Il s’agit d’établir une liste sélective des monuments pour lesquels seront dégagés des crédits. Cette sélection s’effectue à deux niveaux : dans les départements et à l’administration centrale. Le classement ministériel attribue définitivement à un édifice la protection et le secours de l’Etat, tandis que celui arrêté par la commission girondine le rend susceptible de les obtenir,rendant en outre possible la  surveillance et l' attribution de crédits  communaux et départementaux.

En 1840, la Commission nationale des monuments historiques, à partir du choix des préfets, sélectionne 1034 monuments. C’est la première liste des monuments historiques classés. Ceux-ci ont été choisis en raison de leur intérêt national, soit qu’ils illustrent un moment important de l’histoire nationale, soit qu’ils représentent une époque ou un style particulier. 
33 d’entre eux honorent la Gironde.

La liste de classement :

À  Bordeaux :

Portail méridional de l’église Saint-Seurin de Bordeaux, dessin de Monseau, s.d. A. D. 33, 162 T 1Eglises Sainte-Croix,
           Saint-Seurin, 
           Sainte-Eulalie, 
           Saint-Pierre, 

ruines du palais Gallien.

Portail méridional de l’église Saint-Seurin
de Bordeaux, dessin de Monseau, s.d.
A. D. 33, 162 T 1

Abside de l’église de Loupiac de Cadillac, dessin de Léo Drouyn, s.d.A. D. 33, 162 T 2Arrondissement de Bordeaux :

Eglises de Saint-André de Cubzac,
               Magrigne (Saint-Laurent-d'Arce),

châteaux de Saint-Médard,
                  Gradignan,
                   Budos, 

ruines de l’abbaye de la Sauve.

Abside de l’église de Loupiac de
Cadillac, dessin de Léo Drouyn, s.d.
A. D. 33, 162 T 2

Plan de l’église de Guitres,dressé par Gautier en 1843 A. D. 33, 162 T 6 Arrondissement de Libourne :


Eglises paroissiales de Saint-Emilion
                                Libourne,
                                Guitres.  

 

Plan de l’église de Guitres,
dressé par Gautier en 1843.
A. D. 33, 162 T 6

Arrondissement de La Réole : Mosaïques de Hure,dessin de Lapouyade, 1841. A. D. 33, 162 T 7

 

Eglise de Saint-Macaire,

mosaïques de Hure


Mosaïques de Hure,
dessin de Lapouyade, 1841.
A. D. 33, 162 T 7

Arrondissement de Bazas : Château de Roquetaillade, gravure de Léo Drouyn, 1864, pl. 1 bis de la Guyenne militaire

Cathédrale de Bazas, 

église d’Uzeste,

châteaux de Villandraut, Roquetaillade et Fargues

Château de Roquetaillade,  
gravure de Léo Drouyn, 1864,
pl. 1 bis de la Guyenne militaire


Arrondissement de Blaye : Clocher de l’église de Cars, photographie anonyme, s.d. A. D. 33, 3 Fi 2

 

Eglises de Cars
             Bayon,

porte de Blaye à Bourg 

 

Clocher de l’église de Cars,
photographie anonyme,
s.d. A. D. 33, 3 Fi 2

Arrondissement de Lesparre : Eglise de Potensac,dessin de Piganneau, 1878 A. D. 33, 162 T 5

Eglises de Vertheuil,
               Saint-Vivien,
               Cissac,
               Queyrac,
               Lesparre, 
               Benon, 
               Potensac, 

château de Breuil à Cissac.

Eglise de Potensac,
dessin de Piganneau, 1878.
A. D. 33, 162 T 5

La liste des monuments classés a vocation à être close au terme de cette œuvre de classification par ordre d’importance des édifices. Après plusieurs révisions, celle de 1875 se veut définitive.

Sous la Restauration, la liste ministérielle s’accroît d’année en année malgré le déclassement des monuments dont la destruction ou la mutilation n’a pu être empêchée.

Sous le Second Empire, les révisions se font à la baisse. La commission nationale adopte, sous l’influence de Viollet-Le-Duc, une démarche de plus en plus normative, fondée sur les notions de types et d’écoles. Le monument, pour obtenir le label “ historique ”, doit être représentatif d’un type, qualifié de national, défini a priori.

En 1888, suite à la loi de 1887, la liste nationaleLa liste nationale de 1888, recueil des actes administratifs, A. D. 33, 3 K 61
Voir la liste nationale de 1888,
A. D. 33, 3 K 61
est enrichie d’une vingtaine de monuments girondins.

Les dispositions appliquables aux édifices classés par le ministère


En principe et suivant les dispositions de la circulaire du 1er octobre 1841, un édifice public classé ne peut subir aucune restauration, vente ou démolition sans autorisation ministérielle.

S’il appartient à des particuliers, l’administration préfectorale doit être tenue au courant des intentions des propriétaires relativement à sa restauration, sa vente, sa démolition, pour que le gouvernement, prévenu à temps, puisse s’en rendre acquéreur, soit à l’amiable, soit par voie d’expropriation.

Cependant le classement ne crée aucune obligation, ni pour le propriétaire du monument, ni pour l’administration

Photographie du cloître de la cathédrale Saint-André en cours de destruction, vers 1866.A. D. 33, 162 T 1

En dépit des nombreuses circulaires ministérielles rappelant ces dispositions, l' efficacité du classement reste théorique.
Il ne peut empêcher les destructions du fait des propriétaires ; personnes privées, administrations municipales lors des travaux de voierie, ou des fabriques à l’occasion de l’entretien ou de l’aménagement des anciens lieux de culte.


Photographie du cloître de la cathédrale Saint-André en cours de destruction, vers 1866.
A. D. 33, 162 T 1
Tour de Pey Berland, photo de Marville, vers 1863.A. D. 33, 162 T 1



Le recours par l’État à la procédure d’expropriation est exceptionnel car il est très coûteux. Il n’a pas été utilisé en Gironde.
En revanche quelques acquisitions importantes ont pu se réaliser à l’amiable ( celle de l’abbaye de La Sauve par l’archevêque de Bordeaux, celle de la tour Pey-Berland BERLAND, Pey (Pierre en langue gasconne),
né vers 1375 mort en 1458, archevèque de Bordeaux de 1430 à 1457,
fondateur de l'Université de Bordeaux; il fit construire le campanile
de la cathédrale Saint-André appelé aujourd'hui la tour Pey-Berland
par la mairie sur incitation de la commission ( voir séance 19 août 1841 )
(Vendue en 1820 à un particulier, la tour Pey-Berland est rachetée par l’Etat trente ans plus tard, des photos ont été prises à l’occasion des travaux de restauration de la flèche par l’architecte Labbé)

Tour de Pey Berland, photo de Marville, vers 1863.
A. D. 33, 162 T 1

Évolution juridique du classement ministériel et de ses effets

 

Progressivement le classement a cessé d’être une classification par ordre d’importance des monuments en vue de leur attribuer une subvention. Il est devenu un moyen de les placer sous la protection d’une loi égale pour tous.

La loi de 1887 (règlement d’application du 3 janvier 1889) ouvre à l’Etat une action en dommages et intérêts contre les contrevenants. Cependant le classement des propriétés privées n’est possible qu’avec l’adhésion du propriétaire. Il n’est pas une véritable protection, mais constitue une sorte de contrat : en échange de subventions, le propriétaire s’engage à ne jamais modifier son immeuble.

C’est à partir de la loi de 1913 que la procédure de classement est étendue à la propriété privée. Le classement d’office par décret en conseil d’Etat qui était auparavant une mesure exceptionnelle prend un caractère normal (exemple du château de La Réole). Le critère de classement n’est plus l’intérêt national mais le seul intérêt public présenté par l’édifice. Enfin le classement est désormais assorti d’une sanction pénale. L’institution, au même moment, de la Caisse des Monuments historiques, assortit ces mesures nouvelles de moyens financiers. C’est à ce moment également qu’est créée une liste de classement de second ordre au niveau national : l’inscription à l’inventaire supplémentaire.

 

© Département de la Gironde 2009/2016. Tous droits réservés. Crédits photo : Archives départementales de la Gironde