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La liste de classement des Monuments historiques de la Gironde :
premier grand chantier des membres fondateurs

Une méthode de description normalisée

Pour l’élaboration de la liste départementale de classement et les révisions annuelles qu’elle prévoit de réaliser, la commission des monuments historiques de la Gironde met au point une méthode de description qui témoigne d’un remarquable souci de rigueur scientifique. Elle envoie à ses correspondants dès l’été 1840 une nomenclature la nomenclature. A. D. 33, BIB 2 I/L 33
Lire la nomenclature.
A. D. 33, BIB 2 I/L 33
permettant de ranger chaque édifice à décrire dans une catégorie ( église, château, fortification….), de l’ inscrire suivant sa nature (monument religieux, militaire, civil, domestique) et son état de conservation.

Carte archéologique de l’arrondissement de Bordeaux (extrait) A. D. 33, 5 J 92

Des cartes archéologiques sont distribuées dans chaque arrondissement pour être renseignées conformément à cette nomenclature ainsi que des formulaires de description sommaire.le  formulaire de description sommaire exemple des vieilles maisons de La Réole A. d. 33, 5 J 92
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exemple des vieilles maisons de La Réole
A. d. 33, 5 J 92

Carte archéologique de l’arrondissement de Bordeaux
(extrait)A. D. 33, 5 J 92

Des formulaires de description détailléele formulaire de description détaillée  exemple des  fortifications de La Réole A. d. 33, 5 J 92
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exemple des fortifications de La Réole
A. d. 33, 5 J 92
 
établis par catégorie d’édifices invitent les correspondants à rédiger des notices en répondant à des questions précises à l’aide d’un vocabulaire approprié.



Une imposante liste de 308 monuments publiée en 1841

En août 1841, à l’issue d’une année d’investigations et de concertations, la commission girondine arrête une liste de 308 monuments Liste des monuments classés par la commission départementale en 1841 Recueil des actes administratifs A. D. 33, 3 K 17
lire la Liste des monuments classés par
la commission départementale en 1841
Recueil des actes administratifs
A. D. 33, 3 K 17
qu’elle juge dignes d’être décrits et conservés.

Les édifices sont présentés par cantons et par catégories à l’intérieur desquelles sont différenciées deux “classes de monuments” :
Ceux qui ont été l’objet d’une demande de subvention de l’État,
Ceux dont l’intérêt a été jugé moindre, mais dont il faut néammoins empêcher la destruction.

Cette deuxième classe concerne principalement des propriétés privées auxquelles la commission porte une attention toute particulière. C’est une sorte d’inventaire supplémentaire avant la lettre. Notons qu’il faudra attendre en effet la loi de 1913 pour que des dispositions soient prises pour ces édifices au niveau national.

4 vues, prieuré de Gayac, monument rel. 2ème class.église de Blazimont, photo. église de Loupiac, photographieY prédominent, comme sur la liste de l’administration centrale, les édifices de l’époque médiévale,et tout particulièrement le type roman  “dont la pureté des contours, l’élégance des formes qui distinguent ce style ont régné partout et longtemps” en Gironde.

Image 1 : prieuré de Cayac, monument rel. 2ème classe.
A. D. 33, 162 T 2 0032

Image 2  : église de Blazimont, photo. A. D. 33, 3 Fi 6

Image 3 : église de Loupiac, photographie, monument 1ere classe. A. D. 33, 3 Fi 3

Image 4 : église de Moulis, monument 2ème classe.
A. D. 33, 162 T 2 0047


Ce classement accorde une grande importance aux monuments civils et domestiques qui font l’objet d’une rubrique à part entière. Leur nombre est important ( 93 pour 215 monuments publics), et une quantit.é non négligeable de monuments domestiques est rangée dans la première classe (maison de la rue des Bahutiers à Bordeaux,  maison dite de la Synagogue à La Réole, maison en bois à Dieulivol, de la commanderie à Roquebrune)
Tour de Cordouan, monument civil 1ère classe .A. D. 33, 162 T 5 0068

Tour de Cordouan, monument civil 1ère classe.
A. D. 33, 162 T 5 0068

Pierre levée à St Sulpice ou dolmen de Pujols,1ere classe. A. D. 33, 162 T 6 0068

Pierre levée à St Sulpice ou dolmen de Pujols,
1ere classe. A. D. 33, 162 T 6 0068

A la demande de la commission, cette liste des monuments classés de la Gironde est revêtue d’un caractère officiel. Elle est publiée dans le recueil des actes administratifs  accompagnée d’une circulaire adressée aux maires du département. Les édifices qui ont déjà été classés par le ministère de l’intérieur y sont marqués d’un astérisque.

Le 1er octobre 1841 le ministre de l’Intérieur envoie au préfet la liste des monuments historiques provisoirement classés par la commission centrale avec un rappel des dispositions qui leur sont applicables. Bien que cette deuxième liste nationale ne compte que 37 monuments girondins, le baron de Sers exhorte les maires à appliquer ces dispositions à la totalité des 308 monuments classés par la commission départementale et qui n’ont pas encore été reconnus par le gouvernement.

Les révisions de la liste départementale

Sous la Restauration la commission des Monuments historiques de la Gironde réalise trois révisions (1842, 1845 et 1846), au cours desquelles elle déclasse les édifices dont elle n’a pas pu empêcher la destruction ou la mutilation. Ses nouvelles investigations conduisent à la protection de nombreux édifices supplémentaires, ses efforts sont constants pour faire accéder les édifices de sa liste au classement national et obtenir pour eux des crédits ministériels. La dernière révision intervient en 1846.

La  révision de la liste départementale en 1842

Dans son rapport adressé au préfet en 1842, la commission fait état (sans en faire étalage) des destructions, mutilations modifications qu’elle n’a pas pu empêcher. Elle évoque également les édifices dont les  nouvelles investigations ont révélé l’intérêt.

Crypte de La Libarde, gravure de Léo Drouyn, La Guyenne militaire, 1866.Elle présente donc sa liste de classement révisée. voir La liste départementale de 1842,
Recueil des actes administratifs du département de la Gironde
A. D. 33, 3 K 18
Ont été radiés “quelques châteaux dont il ne restait plus que des ruines à peine visibles”, quelques églises qui conservaient trop peu de traces de leur style d’architecture. Ont été au contraire ajoutés sur la liste  la tour Saint-Michel qui a été également inscrite sur la liste ministérielle et la chapelle de l’école des Mousses (ancienne église Saint-Siméon de Bordeaux), les églises de Gauriaguet, Doulezon, Saint-Vincent de Pertignas, les chapelles de Condat, Sendets, Cubnezais, La Libarde, Grayan,  les châteaux de Camarsac et de Pressac, les mosaïques de Saint-Genes de Lombaud et de Rions.


Crypte de La Libarde, gravure de Léo Drouyn,
La Guyenne militaire, 1866.

L’hôpital Saint-André, monument civil de 2eclasse a été détruit et la porte a été rangée en 2e classe. Le château de La Brède est élevé à la première classe ainsi que les églises de Moulis et de Bégadan tandis que le mur d’enceinte de Cadillac est rétrogradé à la deuxième classe.

Plan du château de La Brède, anonyme, s.d. A. D. 33, 162 T 3 0044

Plan du château de La Brède, anonyme,
s.d. A. D. 33, 162 T 3 0044

Eglise de Bégadan, dessin de Monseau, 1844, A. D. 33, 162 T 5 0046

Eglise de Bégadan, dessin de Monseau, 1844,
A. D. 33, 162 T 5 0046

Dans le même temps cinq églises classées au niveau départemental sont ajoutées sur la liste ministérielle :  les églises de Saint-Pierre-de-Petit-Palais, de Saint-Emilion, d’Aillas, de Saint-Michel de Bordeaux, de Saint-Pierre de la Réole

Eglise Saint-Pierre-de-petit-Palais, photographie de Brutails, s. d. A. D. 33, 3 Fi 2

Eglise Saint-Pierre-de-petit-Palais,
photographie de Brutails, s. d. A. D. 33, 3 Fi 2

Eglise Saint-Michel de Bordeaux, dessin de Monseau, 1844, A. D. 33, 162 T 1

Eglise Saint-Michel de Bordeaux,
dessin de Monseau, 1844, A. D. 33, 162 T 1

La  révision de la liste départementale en 1845 et 1846

Portail de l'église d’Illats, dessin Léo Drouyn, 1845, classée en 1845 A. D. 33, 162 T 2 0074

 

Léo Drouyn joue un rôle majeur pour déterminer la valeur des édifices lors de la révision de 1845.Voir La liste départementale de 1845,
A. D. 33, 2 I/L 33, tome 1,

Grâce à ses nouvelles investigations et ses nombreux dessins la commission décide la protection des églises de Lugaignac, Illats, Paillet, de la croix du cimetière de Daignac, et le
déclassement de l’église et du château de Sallebruneau.


Portail de l'église d’Illats, dessin Léo Drouyn, 1845, classée en 1845
A. D. 33, 162 T 2 0074


Grand Théâtre de Bordeaux, déclassé en 1845 A. D. 33, BIB MF 872

 

 


Grand Théâtre de Bordeaux, déclassé en 1845
A. D. 33, BIB MF 872

 

Eglise de Saint-Denis-de-Piles, photographie de Brutails. s. d. A. D. 33, 3 Fi 31

 

 


En 1845  les églises de Pondaurat, Saint-Denis de Piles sont jointes aux édifices classés par le ministère à la demande de la commission.
Après une légère révision en 1846, la commission cesse de travailler à cette liste départementale des monuments historiques.

Eglise de  Saint-Denis-de-Piles, photographie de Brutails.
s. d. A. D. 33, 3 Fi 31



De son côté, la commission ministérielle soucieuse d’éviter la dispersion des fonds de l’Etat révise à la baisse à deux reprises la liste nationale (1853, 1862).

En 1882 Charles Durand, architecte, secrétaire de la commission, s’indigne de voir le petit nombre de monuments girondins y figurant .
Il appelle ses collaborateurs à un nouvel effort pour que celle-ci soit complètée à nouveau suivant le critère du monument-type, cher à la commission centrale. En même temps il les exhorte à travailler parallèlement à l’inventaire général de tout ce qu’il y a de curieux dans le département afin que soient également reprises les publications.

 

Il n’y aura cependant plus de liste départementale, ni de publication.

 

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