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La commission des Monuments historiques de la Gironde mentionne l’archéologie dans son règlement, publié en 1844 :
« Art. 23 : les fonds alloués par le Conseil général du département pour les dépenses de la Commission, sont employés : [...]
2°- Aux frais  de fouilles et de recherches entreprises dans un but archéologique ».
Elle semble cependant n’avoir jamais financé ou mandaté de travaux de fouilles. Elle a en revanche contribué à cette discipline naissante, grâce à ses études et communications.

Cette institution emploie généralement le terme d’archéologie en opposition à l’architecture en tant que science de la construction. Les membres chargés d’étudier les monuments historiques et les projets de restauration sont d’ailleurs appelés « archéologues », en comparaison avec les « constructeurs », soit les bâtisseurs,Fragment de mosaïque découvert dans le cimetière de Salles (copie d’un dessin de  Durand, exécuté sur place), s.d A.D. 33, 162 T 3  qui ne s’occupent que de l’aspect technique. Ainsi, le terme d’archéologie désigne le plus souvent de simples études architecturales.

Elle se tient également informée des diverses fouilles et découvertes réalisées dans le département. Les correspondants jouent un rôle très important dans cette transmission des informations.

Fragment de mosaïque découvert dans le cimetière de Salles (copie d’un dessin de Durand, exécuté sur place), s.d
A.D. 33, 162 T 3

Signaler les découvertes archéologiques : les communications

Vases « de grandeur naturelle » par Lapouyade, 1841 A.D. 33, 162 T 7La commission rend annuellement compte au préfet des découvertes faites dans les communes de la Gironde, grâce aux communications des correspondants. Succinctes, celles-ci se présentent toujours de la même façon : elles signalent et localisent les objets, les décrivent brièvement et les datent.
Il s’agit le plus souvent de découvertes fortuites Rapport sur les haches de bronze trouvées dans le canton de Pauillac, en décembre 1863 ; extrait des comptes rendus des travaux de la commission, 1862-1864, p. 59-61  A. D. 33, I/L 33
Voir le rapport sur les haches de bronze trouvées
dans le canton de Pauillac, en décembre 1863 ; extrait des
comptes rendus des travaux de la commission, 1862-1864,
p.59-61 A. D. 33, I/L 33
, faites au hasard des labours. On retrouve ces communications jusque dans les derniers comptes rendus des travaux de la commission, publiés en 1865.

Vases « de grandeur naturelle » par Lapouyade, 1841
A.D. 33, 162 T 7

Étudier : les rapports de fouilles

Des correspondants ou des membres de la commission sont occasionnellement chargés d’étudier de manière détaillée les campagnes de fouilles.
C’est par exemple le cas dans le rapport rédigé par Delfortrie Voir le rapport Delfortrie.  A. D.  33, 155 T 1B
Voir le rapport Delfortrie.
A. D. 33, 155 T 1B
, juge de paix à Monségur et membre correspondant Boucle retrouvée à Duras, dessin extrait de l'album du canton de la Réole, par Gustave Labat, s.d A.D. 33, 162 T 7pour le canton de Pellegrue. Il y évoque et décrit les fouilles réalisées à Nujons, canton de Monségur et hors département, à Duras (Lot-et-Garonne).

La commission se voit parfois remettre des rapports rédigés par les responsables des fouilles. Dans ce cas précis, des éléments graphiques rigoureux sont joints.
A l’occasion des fouilles de la rue Vital Carles, en 1861, et du Palais Gallien, en 1864, François-Louis Lancelin, directeur des travaux de la ville de Bordeaux, transmet à la commission une copie de son rapport Voir le rapport Lancelin. A. D. 33, 157 T 1B
Voir le rapport Lancelin.
A. D. 33, 157 T 1B
 au maire. Outre un exposé descriptif des sondages, il joint une coupe stratigraphique.

La commission, suite à ces divers signalements, informe le préfet sur les sites méritant des financements publics. Ce dernier en transmet la liste au ministre de l’Intérieur.
Il semble pourtant que, dans certains cas, la commission envisage de prendre part de manière plus active aux fouilles.

Boucle retrouvée à Duras, dessin extrait de l'album du canton de la Réole, par Gustave Labat, s.d
A.D. 33, 162 T 7

Un désir participatif

En 1847, le ministère de l’Intérieur proposeMédailles en bronze et coupe en marbre antique appartenant à M. Gauban, La Réole, 1841A. D. 33, 162 T 07 de reverser une partie du crédit alloué aux « ateliers de charité pour occuper les indigents » pour réaliser des travaux de fouille (A. D. 33, 155 T 1B). La commission dénombre alors les sites prioritaires. Mais certains appartiennent à des propriétaires privés. Or, l’offre du ministre concerne uniquement les travaux d’utilité communale. La commission tente de convaincre le préfet en suggérant que ses correspondants suivent les fouilles et donnent des indications pour les recherches. Cette proposition ne semble jamais avoir abouti.


Médailles en bronze et coupe en marbre antique appartenant à
M. Gauban, La Réole, 1841
AD 33, 162 T 07

Recueillir, de manière exceptionnelle, des objets

La commission a parfois reçu et conservé certains objets, issus de dons.  Lorsque qu’en 1843, Durand père démissionneCarbon-Blanc, Substructions d’une villa, s. d., A.D. 33, 162 T 10 de son poste de conservateur des Objets d’Art au sein de la commission, il dresse, à la demande du président Lamothe, un inventaire des dessins contenus dans l’album (A. D. 33, 155 T 1C). Il ajoute à cette liste un paragraphe « Divers objets », parmi lesquels figurent :   « [...] Un casque en fer, un masque en fer, 2 épreuves en plâtre [...]».
La commission les offre au musée des Antiques de Bordeaux, entre 1849 et 1850. La « collection » s’était alors enrichie d’une amphore et de fragments de mosaïque.

vue 1, vue 2, Carbon-Blanc, Substructions d’une villa, s.d.,
A.D. 33, 162 T 10

Carbon-Blanc, Substructions d’une villa, SD A. D. 33, 162 T 03

La commission continue à collecter des documents concernant les découvertes archéologiques bien après l’arrêt de ses publications, comme en témoignent les photographies et le plan des ruines de la villa de Carbon-Blanc, conservés dans l’album.
La première mention de ce site semble remonter au tout début du xxème siècle. On en retrouve effectivement une description dans la Revue Philomatique de 1900.

 

Carbon-Blanc, Substructions d’une villa, SD
A. D. 33, 162 T 03

 

 

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